Déclaration de la Conférence des présidents

sur le baccalauréat

Les associations de professeurs spécialistes sont très attachées à la valeur du baccalauréat, sanction des études secondaires et premier grade des études supérieures auxquelles il donne accès.
Pour conserver cette valeur, le baccalauréat doit comporter des épreuves anonymes et respecter la déontologie selon laquelle un professeur n'examine pas ses propres élèves.
C'est pourquoi les Associations sont opposées à un baccalauréat en « contrôle continu » ou en « contrôle en cours de formation », formules qui font prendre en compte à l'examen les notes données aux élèves par leurs professeurs au cours de leur scolarité (les appréciations portées par les professeurs sur le livret scolaire suffisent à donner aux jurys les renseignements dont ils pourraient avoir besoin).
Les raisons de cette opposition sont les suivantes :
- Les professeurs seraient exposés à de graves pressions de la part des parents des candidats et de la part des notables locaux ainsi qu’à un accroissement des agressions verbales ou physiques.
- On risquerait de faire peser sur l'examen les relations affectives qui s'établissent entre professeurs et élèves pendant l'année scolaire.
- Les élèves perdraient le sens de l'effort qu'exige une épreuve finale, alors que ce sens de l'effort leur sera nécessaire dans leur vie d'adulte.
- Enfin et surtout, le niveau du diplôme ne serait plus homogène et varierait selon la réputation des lycées et les accointances personnelles. Il ne serait plus qu’un diplôme d’établissement. Il serait extrêmement grave d'y subordonner l'accès aux études supérieures ou la possibilité de trouver un emploi.

Pour éviter qu'il ne devienne à terme une source du chômage des jeunes, le baccalauréat doit brasser les candidats venus de différents établissements, devant un jury extérieur à ces établissements.

30 janvier 2004