Communiqué de presse

 

Le Bureau de l’Association des Professeurs de Lettres ayant pris connaissance du pré-rapport Thélot dénonce les dangereuses suggestions  que comporte ce document rendu public : il tend à transformer l’école en garderie et les enseignants en « animateurs ».

 

En effet, de nombreux points de ce pré-rapport, même s’ils ne sont pas nouveaux sous le soleil de la pédagogie, motivent notre très grande inquiétude :

 

-         Le rattachement envisagé de la classe de sixième aux trois dernières classes de l’école primaire dans un cycle dit d’approfondissement ainsi que l’extension aux professeurs du secondaire de la polyvalence des professeurs d’école. Cette entreprise de primarisation du collège se fera au prix d’une inévitable baisse des exigences disciplinaires, alors même qu’aucune solution consistante n’est apportée aux carences du primaire.

-         La modification unilatérale et autoritaire du temps de service hebdomadaire des professeurs de collège et de lycée en 18 heures de « cours » assorties de 8 heures de présence obligatoire dans l’établissement pour se livrer à des tâches autres que l’enseignement ou participer à un « travail en équipe ». Ce dernier point pourrait conduire à une forme d’ »embrigadement » et à une perte de liberté intellectuelle des professeurs.

-         La présence d’exigences non-disciplinaires comme le « vivre ensemble » ou la « découverte de l’entreprise et des métiers » dans le futur organigramme des études, depuis la grande section de maternelle jusqu’à la classe de troisième. Les notions de cours et de contenu deviennent de ce fait très incertaines et sujettes à diverses interprétations.

 

En conséquence, le Bureau de l’Association des Professeurs de Lettres estime que le risque de régression intellectuelle du système éducatif dans son ensemble n’est pas négligeable si de telles mesures passaient dans les faits. Par ailleurs, il craint aussi la multiplication excessive et contre-productive des activités des élèves .

 

Jacques MUGLIONI, inspecteur général de philosophie n’écrivait-il pas déjà dans le n°64 de la revue Le Débat de mars-avril 1991 :

 

« La panoplie d’un supermarché, voilà maintenant la référence pour l’école » ?

 

Paris, le 20 septembre 2004