Lettre adressée aux IPR de l’académie de Strasbourg1
Association des Professeurs de Lettres Paris, le vendredi 10 septembre 2010.
Le Bureau
16, rue Guillaume Tell
75 017 Paris
Monsieur Gilbert Guinez
Madame Dominique Willé
Inspecteurs d’Académie
Inspecteurs Pédagogiques Régionaux de Lettres
Madame, Monsieur,
Nous avons pris connaissance de la lettre que vous avez cru devoir adresser aux professeurs de lettres de votre académie à l’occasion de la rentrée scolaire et dans laquelle vous exposez votre lecture, partisane et aberrante, des nouveaux programmes de français du Collège — programmes dont il se trouve que nous avons contribué à les rédiger...
La « séquence », que vous célébrez, n’existe plus : le mot lui-même, encore présent dans la première mouture du programme, a été supprimé sur intervention expresse du Cabinet d’alors et à notre demande ; la notion n’ayant pas idéellement survécu au mot, la « période » renvoie à une réalité purement chronologique.
Outre que la structuration même du programme contredit évidemment vos allégations, il y est explicitement question de la « leçon de grammaire », qualifiée de « fondamentale », et bien précisé que « les séances consacrées à l’étude de la langue sont conduites selon une progression méthodique et peuvent n’être pas étroitement articulées avec les autres composantes de l’enseignement du français ».
Vos convictions sont certes respectables. Ayant cependant lu Kant, vous n’ignorez pas que vos personnes privées n’ont pas à contaminer votre mission publique, qui est de faire appliquer, en toute neutralité, la lettre et l’esprit des programmes arrêtés par le ministre, non de les gauchir dans le sens de votre nostalgie. Si nous ne doutons pas que l’esprit républicain de nos collègues, et leur bon sens, saura déceler ce qu’a votre lettre de tout simplement erroné, nous n’en tenons pas moins à dénoncer une partialité militante, inacceptable de la part de fonctionnaires d’autorité.
Comptant sur le réveil de votre conscience républicaine, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations vigilantes.
Le Bureau