Paris, le mercredi 16 mars 2011

Association des Professeurs de Lettres

Le Président

33, rue Robert Lindet

75 015 Paris

 

 

 

Monsieur Patrice Brun

Président de l'Université Bordeaux-III

Monsieur le Président,

Nous venons d'apprendre votre décision de fermer les préparations aux concours nationaux d'enseignement en lettres classiques, décision qui hypothèque l'avenir de cette discipline dans votre université.

 

Connaissez-vous la formule de Juvénal ? « Crains comme la pire infamie, pour sauver ta vie, de perdre tes raisons de vivre. » Je vous épargne le latin, que manifestement vous ne goûtez pas – ce qui est malheureux pour vous, mais passons...

 

Qu'est-ce, Monsieur le Président, qu'une « université » qui n'enseigne plus le latin ni le grec, qui n'explique plus Homère ni Virgile – ou qui, à tout le moins, ne forme plus les professeurs chargés de les expliquer ? C'est une université invalide, parce qu'elle ne sera bientôt plus capable d'aller au fond des choses. C'est une université renégate, parce qu'elle ne contribue plus à l'instruction de notre jeunesse. À vrai dire, ce n'est plus du tout une université. Et que dire quand de plus elle usurpe le nom d'un humaniste, le nom de Michel de Montaigne ?

 

L'APL espère, Monsieur le président, que vous saurez prendre conscience de ce que votre décision a, proprement, de barbare et que vous la révoquerez, pour vous éviter l'infamie dont vous vous chargeriez au regard de l'histoire et de la nation.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments humanistes et républicains.

 

 

 

 

Pour le Bureau,

Romain Vignest