MOTION
sur l’École normale supérieure (Ulm)
(Bureau du 18 juin 2005)
Le Bureau de l’APL, réuni le samedi 18 juin 2005, a pris acte d’une récente initiative de la direction de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm : la diffusion dans les lycées dotés de classe préparatoires d’une affiche informant leurs élèves de l’existence d’une procédure d’admission à l’École normale supérieure en qualité de prédoctorants. I s’agit de recruter d’« excellents » élèves « sur dossier et entretien ». Voilà qui risque de porter préjudice au recrutement par concours et ainsi à certaines classes préparatoires dont l’ÉNS est le principal débouché. De plus, l’ÉNS, s’affirmant comme un lieu de recherche, exclusivement à terme, renie sa vocation première qui est de préparer à l’enseignement, à l’enseignement secondaire notamment, et par conséquent à l’agrégation, sans dissocier l’enseignement de la recherche.
Quand on sait par ailleurs que les ÉNS de la région parisienne (Ulm et Cachan) envisagent de constituer un pôle universitaire puissant et orienté vers l’activité économique, à l’image des universités américaines, on est autorisé à penser que c’est la disparition d’une institution des plus prestigieuses de l’Université française qui est programmée.
Le Bureau de l’APL redoute surtout et à bon droit la marginalisation des études littéraires dans cet établissement qui les a servies depuis sa fondation.
En définitive, il considère que l’ensemble du dispositif progressivement mis en place est de nature à satisfaire les idéologues hostiles à la sélection républicaine des élites, à nuire aux principes d’une promotion démocratique, à priver la France d’un modèle qui fait partie de son identité, à conforter enfin le système des IUFM. C’est pourquoi il le condamne fermement.
Paris, le samedi 18 juin 2005