Motion sur le rapport Thélot

(Bureau du 16 octobre 2004)

  

Le Bureau de l’Association des Professeurs de Lettres a pris connaissance du rapport Thélot qui a défrayé la chronique dès avant sa publication officielle après avoir été élaboré dans une transparence plus que douteuse.

Bien qu’il ait le mérite de constater la situation désastreuse dans laquelle se trouve l’école, le Bureau n’a rien trouvé dans ce rapport qui réponde à ces maux : rien sur la pédagogie, rien sur les programmes, rien sur l’orientation. Plutôt que d’y remédier, la Commission du débat national s’est en effet bornée à entériner le désastre et à renoncer aux missions de l’école : développer les possibilités de chacun, former l’intelligence, transmettre le patrimoine national. De fait, ce que nos concitoyens ont à redouter, c’est la continuation de la politique scolaire suivie depuis plus de trente ans et qui tend à dessaisir graduellement l’institution de la mission d’instruire, c’est-à-dire de former des personnes. Il est révélateur que le « socle commun des indispensables » — pour le collège ! — soit amputé de disciplines fondamentales comme l’histoire et la littérature, alors qu’il y est accordé une place démesurée à l’anglais de communication internationale, à l’informatique et au « vivre ensemble dans notre république » : les enseignements de culture deviendraient « complémentaires » et la majorité des élèves seraient confinés dans les savoir-faire et les savoir-se-comporter.

Le Bureau de l’APL dénonce la visée utilitariste de ce rapport et ne peut que condamner cette entreprise de « liquidation » de l’école de la République.

 

 Paris, le 16 octobre 2004