MOTION
sur l’instauration d’un enseignement de philosophie en Première L
L’Association des Professeurs de Lettres réaffirme sa profonde hostilité à l’instauration d’un enseignement de philosophie en classe de Première L.
Cette innovation, qui d’ailleurs ne se ferait pas sans réduction des horaires de français en Première et de philosophie en Terminale, entretient, en juxtaposant l’enseignement de la philosophie à celui du français, la dérive qui a consisté à réduire ce dernier à un enseignement formaliste, sans préoccupation des contenus, qui seraient l’affaire du seul cours de philosophie.
Surtout, loin de les résoudre, elle aggravera les difficultés auxquelles les élèves de Terminale L sont actuellement confrontés en philosophie, qui tiennent à l’insuffisance de leur connaissance de la langue et à l’indigence de leur culture littéraire. L’Association des Professeurs de Lettres préconise bien au contraire qu’on rétablisse au collège un enseignement méthodique de la grammaire et du vocabulaire et une fréquentation assidue des œuvres littéraires, au lycée une approche des œuvres centrée sur leur sens, selon une perspective globalement historique, et la pratique sérieuse et régulière de la dissertation ; elle rappelle son attachement à l’intégration du latin dans le tronc commun de la série L et renvoie plus largement à son rapport sur cette filière.
Ainsi, ce n’est pas par de nouvelles réformes, plus ou moins pertinentes, mais uniquement en revenant sur celles, délétères, qui ont frappé l’enseignement des lettres, qu’on rendra à nouveau fructueux celui de la philosophie.
Paris, le samedi 22 décembre 2007