Motion sur la recherche

L'Association des Professeurs de Lettres s'est vivement inquiétée de l'avenir de la recherche scientifique en France. Si le nouveau gouvernement semble disposé à tirer des leçons du récent mouvement des chercheurs, la vigilance continue de s'imposer.
Le Bureau de l'A.P.L., mandaté par l'Assemblée Générale du 21 mars 2004 entend soutenir les chercheurs dans leurs négociations avec le pouvoir.
Il rappelle
- que la qualité de l'enseignement d'un professeur dépend de la formation initiale et de la compétence scientifique de celui-ci,
- qu'au long de sa carrière, la professeur renouvelle son savoir en prenant connaissance des travaux les plus récents dans sa discipline,
- qu'il est très souvent appelé lui-même à participer à la recherche dans l'intérêt de ses collègues et de ses élèves ; il est à déplorer du reste que rien ne soit fait pour faciliter ou encourager l'accès des professeurs aux travaux de la recherche ni même pour le promouvoir auprès d'eux ;
- qu'un système éducatif qui dissocierait radicalement la recherche scientifique de l'institution chargée d'instruire, se confinerait dans la fonction de dressage, ce qui serait contraire à la mission de l'école républicaine ;
- que cette situation de la recherche à la fois en amont et en aval de l'acte d'enseigner et de l'acte d'apprendre donne son plein sens au mot «maître» : elle est la garantie d'une qualité de l'enseignement spécifique de la tradition française. Cette tradition appartient aussi à  l'Europe, même si l'union dans ce domaine est loin de donner satisfaction.
Pour ces raisons le Bureau de l'A.P.L. condamne énergiquement toute politique qui conduirait à l'affaiblissement de la recherche scientifique en France.

Paris, le 3 avril 2004