CONFÉRENCE DES PRÉSIDENTS D'ASSOCIATIONS DE PROFESSEURS SPÉCIALISTES
Pour les concours nationaux !
Contre la mastérisation du recrutement !
Les associations signataires rappellent que le recrutement des professeurs de l’enseignement secondaire, quelle que soit leur discipline, littéraire, artistique, scientifique ou technologique, ne saurait se faire que sur concours nationaux, afin de garantir à la fois l’égalité des candidats, la nécessaire indépendance de futurs fonctionnaires de l’État et l’homogénéité de l’enseignement dispensé sur l’ensemble du territoire de la République. Ces concours doivent être des concours « aux postes », nationaux, constitués d'épreuves écrites anonymes et d'épreuves orales appréciées collégialement. Aussi condamnent-elles fermement l’actuelle réforme des concours de recrutement et les dangers qu’elle fait courir à l’institution scolaire.
· Elles réprouvent l’introduction d’une épreuve portant sur la compétence « Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable » ; elles estiment que, s’il est légitime de vérifier, sur une base objective, les connaissances juridiques et administratives du professeur, cette vérification devrait relever de la hiérarchie administrative, et non pédagogique, après sa titularisation, et qu’elle ne saurait revêtir la forme d’un contrôle « éthique » ou idéologique.
· Elles refusent l’idée, fausse et délétère quant à l’avenir des concours républicains de recrutement, que la délivrance d’un master suffirait à garantir la compétence d’un professeur. Elles refusent très fermement toute forme d’équivalence, manifeste ou larvée, entre master et concours ; l’agrégation doit avoir lieu un an après l’obtention du master. Elles demandent que les recalés au CAPES, au CAPET et au CAPLP2 puissent bénéficier d’une préparation à ces concours même s’ils ont obtenu leur master. Elles dénoncent l’alignement absurde du nombre d’épreuves des CAPES et CAPET quelle que soit la discipline concernée et soulignent que les exercices qui disparaîtront sont autant de compétences que le candidat de développera plus.
· Elles rejettent, étant attachées à un haut niveau de compétence disciplinaire, le modèle de formation simultanée induit par la réforme. Si elles souhaitent l’existence de brefs stages d’observation pendant les années de master, elles estiment que la formation professionnelle ne doit avoir lieu qu’après la formation scientifique, donc après le concours ; cette formation professionnelle doit consister en un stage en responsabilité n’excédant pas la moitié du service, accompagné par plusieurs collègues expérimentés, que le lauréat pourra rencontrer suffisamment tôt avant la rentrée scolaire, et des enseignements en histoire et philosophie de l’éducation, droit, sciences cognitives et psychologie dispensés par des universitaires reconnus dans leur domaine, sans préjudice d’un approfondissement disciplinaire. A cet égard, elles rappellent leur attachement à ce que le lien entre l’enseignement secondaire et la recherche vive soit renforcé, notamment par l’octroi de congés de formation plus nombreux, de décharges horaires et d’aménagements d’emploi du temps pour les doctorants.
· Elles s’inquiètent des maquettes de master en cours d’élaboration dans de nombreuses universités et de la place qu’y occupent les « sciences de l’éducation » aux dépens des enseignements et de la recherche disciplinaires. Elles refusent la mise en place de masters « professionnels » ou « d’enseignement », qui menaceraient à terme le recrutement républicain sur concours nationaux. Si certains masters sont plus généralistes que les masters « recherche » actuels, dont la pérennité doit être financièrement garantie, s’ils peuvent comprendre un enseignement de didactique disciplinaire, tous doivent comporter, au moins au niveau de l’ancienne maîtrise, une part de recherche disciplinaire et tous doivent pouvoir s’articuler avec le doctorat. Elles demandent au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’agir résolument dans ce sens et d’encadrer plus fermement ces masters sans croire que les épreuves des concours suffisent à les déterminer.
· Elles demandent enfin, tout en refusant de pernicieuses licences « pré-professionnalisantes », la restauration d’un système de prérecrutement, comparable aux anciens IPES, permettant aux étudiants, notamment aux agrégatifs, de financer des études allongées.
Le 10 mars 2010
Associations signataires :
ANPBSE (Association Nationale des Professeurs de Biotechnologies Santé Environnement)
APAP (Association des Professeurs d’Arts Plastiques)
APCEG (Association des Professeurs de Communication et d’Économie-Gestion)
APEMu (Association des Professeurs d’Éducation Musicale)
APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et de Langues Anciennes des Classes Préparatoires Littéraires)
APHG (Association des Professeurs d’Histoire-Géographie)
APL (Association des Professeurs de Lettres)
APPEP (Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement Public)
APSMS (Association des Professeurs de Sciences Médico-Sociale)
APV (Association des Professeurs de Vente)
CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales d’Enseignants de Langues Anciennes)
SLNL (Société des Langues Néo-Latines)
UPBM (Union des Professeurs de Physiologie Biochimie Microbiologie)