Principes et orientations défendus par l’APL
pour les futurs programmes de lettres au lycée
(extrait du texte adopté par le Comité du 17 novembre 2007)
L’enseignement du français au lycée doit avoir pour principal objet l’étude des textes littéraires français et francophones majeurs du XVIe siècle à nos jours et permettre l’appropriation personnelle de ce patrimoine par l’élève. Cette étude doit par conséquent être centrée sur le sens de ces textes, appréhendé notamment à travers leur analyse stylistique et en fonction de leur contexte historique et idéologique.
Le programme des classes de Seconde et de Première doit donc s’ordonner selon une perspective globalement historique, sans préjudice de la lecture concomitante d’œuvres complètes d’une autre époque. On étudiera donc, en Seconde, les XVI et XVIIe siècles, et, en Première, les siècles suivants. Le programme peut fixer une liste restrictive d’auteurs à étudier ou une liste extensive d’auteurs parmi lesquels le professeur choisira les œuvres et extraits qu’il étudiera en classe ou fera lire à ses élèves.
Sur la liste d’oral du baccalauréat, les cinq siècles et les différents types d’œuvres (poésie, théâtre, récit, littérature « d’idées ») devront être représentés ; un nombre minimal d’œuvres complètes doit être également fixé, à côté desquelles les groupements de textes devront majoritairement avoir une cohérence historique, sans que les groupements transhistoriques soient exclus. L’approche des textes en classe et à l’oral du baccalauréat doit se faire aussi bien par l’analyse linéaire que par le commentaire thématique de type commentaire composé.
À l’écrit, le sujet d’invention sera supprimé. Le principe du corpus sera abandonné car il pousse les élèves au survol et au contresens. Des questions posées sur le texte prépareront aussi bien à son commentaire qu’au sujet de dissertation proposé.
La série littéraire se signalera par le nombre et la diversité des œuvres étudiées, ainsi que par l’exigence des problématiques abordées et une réflexion plus pointue sur la spécificité littéraire des textes. Le cours de français sera mené en relation avec les cours de langues anciennes, s’ouvrira à l’histoire de l’art et pourra se référer aux cours d’histoire et de langues vivantes, si la réforme de ces programmes le permet enfin. À cet égard, en Terminale, plutôt que le cours de « lettres » actuel, qui tend à spécialiser une série de l’enseignement général dans l’étude d’une seule discipline, et après deux années pendant lesquelles les élèves auront nourri une réflexion poussée sur la chose littéraire et construit une vraie culture, on privilégiera l’étude des phénomènes intertextuels, notamment entre des œuvres françaises et des œuvres antiques et étrangères ; l’épreuve consistera en un cas d’espèce à étudier ou d’une dissertation spécifique.
Les programmes de latin et de grec devront, en partie au moins, être définis en fonction des programmes de français, puis de philosophie et selon une progression dans la difficulté. Par exemple :
Seconde : Ovide, Plaute, Cicéron, Phèdre, Apulée…
Xénophon, Ésope, Lucien, Homère, Euripide, Platon…
Première : Cicéron, Virgile, Horace, Tite-Live…
Platon, orateurs attiques, Homère, Sophocle…
Terminale : Lucrèce, Cicéron, Sénèque, Augustin…
Platon, Marc-Aurèle, Homère, Eschyle…
On développera assidûment la pratique de la traduction, exercice de rigueur et irremplaçable accès au style d’un auteur. On pratiquera également, pour améliorer la maîtrise de la langue, de petits thèmes d’imitation. Le commentaire des textes suivra les mêmes principes qu’en français : analyse stylistique (qui n’a de sens que dans le texte), linéaire ou thématique, tenant compte du contexte historique et idéologique.
L’épreuve orale du baccalauréat restera la même qu’aujourd’hui. À l’écrit en revanche, on proposera une version d’une dizaine de lignes ou de vers, suivie d’une phrase de thème d’imitation, d’une question stylistique sur le texte et d’une question plus générale sur la culture antique.
[1] En 1975, les élèves de Sixième avaient 6 heures de français par semaine, ils en ont 4,5 ou 5 en 2004 ; en Cinquième, c’était 6 heures en 1975 contre 4 en 2004 ; en Quatrième, 5 heures en 1975 contre 4 en 2004 ; en Troisième, 5 heures en 1975 contre 4, 5 en 2004.