COMMUNIQUÉ

SUR LE PROJET DE LOI D’ORIENTATION

 

Le Bureau de l’Association des Professeurs de Lettres a pris connaissance du projet de loi d’orientation sur l’avenir de l’école.

En ce qui concerne « l’ensemble de connaissances et de compétences indispensables » que doit garantir la scolarité obligatoire, l’APL réitère ses vives inquiétudes quant à l’indigence et à l’utilitarisme de son contenu et demande expressément que le troisième point (« une culture humaniste et scientifique permettant l’exercice de la citoyenneté ») soit reformulé comme suit :

« la culture humaniste (historique, littéraire et artistique) et scientifique assurant la formation de la personne et la connaissance du patrimoine national et permettant l’exercice de la citoyenneté. »

Elle estime nécessaire en outre qu’un article soit consacré au caractère fondamental et central des disciplines littéraires et qu’y soit mentionnée la nécessité d’un enseignement spécifique et méthodique de la grammaire et de l’orthographe, ainsi que d’une fréquentation précoce et constante des textes littéraires.

En ce qui concerne les langues anciennes, l’APL prend note de ce que le projet de loi affirme la volonté d’en développer l’étude au lycée mais déplore la timidité de l’objectif affiché (une augmentation de 10% alors que les effectifs ont chu de plus de 25% entre 1999 et 2002). Elle demande que l’on se fixe l’objectif de 30% des lycéens présentant une langue ancienne au baccalauréat et que le statut de ces enseignements de culture générale soit redéfini, afin qu’ils ne soient plus mis en concurrence avec les options dites de détermination en classe de Seconde.

En ce qui concerne la filière L, l’APL estime d’abord déplacée l’introduction d’une initiation à la philosophie en classe de Première L car le cours de français, qui doit se nourrir de la substance des textes et se consacrer largement à la pratique de la dissertation littéraire, constitue à cette fin une propédeutique efficace et suffisante ; l’introduction de la philosophie reviendrait à nier cet aspect de l’enseignement des lettres. Surtout, l’APL exprime sa ferme opposition à l’introduction, évoquée dans le rapport annexé, d’un enseignement de « gestion des ressources humaines » dans le menu de la filière L ; celle-ci se confondrait dès lors avec la filière STG, alors même que le projet de loi, en l’occurrence peu cohérent, affirme la nécessité de conserver aux filières technologiques leur spécificité. L’APL estime tout au contraire que la filière L doit former les bacheliers littéraires de haut niveau dont la nation a besoin ; le développement des langues anciennes et le rétablissement d’un enseignement rigoureux et riche en français et en histoire dès le collège lui permettront de dispenser une telle formation et de retrouver l’attrait de l’excellence.

Paris, le samedi 11 décembre 2004

 

Motion sur les propositions du ministre

Motion sur le rapport Thélot