COMMUNIQUE DE PRESSE

12 associations de professeurs spécialistes lancent un cri d’alarme

Les associations soussignées, membres de la Conférence des associations de professeurs spécialistes, constatent la situation explosive où se trouvent élèves et professeurs, du fait d’une politique scolaire qui engendre depuis des années une dégradation de l’École publique. De plus en plus d’élèves présentent des lacunes dans la compréhension de textes et de consignes simples, dans les connaissances de base (par exemple en français et en calcul), dans l’utilisation de méthodes de travail et d’apprentissage, dans l’expression écrite et orale. Les associations soussignées dénoncent les contradictions, depuis longtemps, entre les déclarations de principes du Ministère, et les mesures prises par ce même Ministère.

1/ Le passage automatique d’élèves dans la classe supérieure contre l’avis des professeurs, engendre des classes de plus en plus hétérogènes, dans lesquelles des élèves qui n’ont pas assimilé les savoirs nécessaires sont fragilisés, et conduits à une situation d’échec ; ce qui explique en grande partie l’absentéisme et la montée de la violence , voire de la délinquance, dans l’école. Cette situation est encore aggravée par la suppression de seuils nationaux de dédoublement des classes.

2/ Des travaux interdisciplinaires, dans lesquels deux ou plusieurs disciplines apportent chacune sa contribution à l’étude d’un objet commun, sont un enrichissement pour les élèves, et d’ailleurs les membres de nos associations les pratiquent depuis longtemps. Mais cette interdisciplinarité repose justement sur la spécificité des disciplines et sur la maîtrise, par les élèves, de leurs bases fondamentales. Il y a donc contradiction à vouloir promouvoir l’interdisciplinarité, et en même temps à faire obstacle à cette maîtrise des connaissances de base en réduisant les horaires disciplinaires. Nous demandons, le rétablissement , dès la rentrée prochaine, des heures disciplinaires supprimées. Les heures interdisciplinaires ne doivent en aucun cas s’établir au détriment de ces enseignements.

3/ Monsieur le Ministre a hautement pris parti pour « l’autorité des professeurs » : or, cette autorité ne peut se fonder que sur leur compétence tant dans la discipline qu’ils enseignent que dans la façon de l’enseigner. Il y a donc contradiction à vouloir assurer cette autorité, et en même temps, à la saper par des mesures tendant à faire croire que n’importe qui peut enseigner n’importe quoi et qu’il suffit d’avoir un goût déclaré envers tel ou tel domaine pour pouvoir y former les élèves. Or, c’est ce que le ministère met en place, lorsqu’il établit une confusion entre le scolaire et le périscolaire, entre enseignements et activités, entre professeurs et intervenants extérieurs voire bénévoles d’associations locales créées à cet effet. Les associations demandent à Monsieur le Ministre de prendre d’urgence toutes les mesures pour faire assurer de véritables enseignements.

Le 30Juin 2003

Liste des associations signataires

ANPEFS (Association Nationale des Professeurs d’Economie Sociale et Familiale)

APAP (Association des Professeurs d’Arts Plastiques)

APCEP (Association des Professeurs de Communication de l’Enseignement Public)

APEG (Association des Professeurs d’Economie et Gestion)

APEMU (Association des Professeurs d’Education Musicale)

APES (Association des Professeurs d’Enseignement Social)

APL (Association des Professeurs de Lettres)

APPEP (Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement Public)

ADPSTI (Association des Professeurs de Sciences et Techniques Industrielles (URIF)

APV (Association des Professeurs de Vente)

SNLN (Société des Langues Néo-Latines)

UPBM (Union des Professeurs de Biochimie et Micro biologie)