Vœu de l’assemblée générale

sur la formation et le recrutement des professeurs du Second degré

 

L’Association des professeurs de Lettres réunie en assemblée générale a pris connaissance du communiqué des ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur sur le recrutement et la formation des professeurs daté du 12 mars 2009 et de la lettre adressée par le ministre de l’éducation nationale au secrétaire générale d’une grande fédération syndicale le 20 mars 2009.

Elle se réjouit de la suspension de l’épreuve de connaissance du système éducatif et de son remplacement par une épreuve disciplinaire ; elle demande sa suppression définitive, cette compétence devant être vérifiée et évaluée par la hiérarchie administrative du fonctionnaire ; elle demande également que les deux Capes de lettres comprennent trois épreuves à l’écrit et qu’à l’oral l’épreuve pratique consiste en l’exposé à partir d’un texte d’un point de grammaire de phrase au programme du Collège.

Elle se réjouit également de ce que l’année d’entrée dans le métier se partage entre un service allégé et accompagné par des collègues expérimentés et un enseignement complémentaire, avec la possibilité d’un approfondissement disciplinaire. Elle demande que le nombre d’heures de présence du nouveau professeur dans les classes ne dépasse pas la moitié de son service, que les enseignements dispensés le soient par des universitaires reconnus dans leur domaine, qu’ils portent sur l’histoire et la philosophie de l’éducation, le droit, les sciences cognitives et la psychologie, et que soit laissé au nouveau professeur le temps nécessaire à la lecture et à la réflexion. Elle rappelle son attachement à ce que le lien entre l’enseignement secondaire et la recherche disciplinaire soit renforcé, notamment par l’octroi de congés de formation plus nombreux, de décharges horaires et d’aménagements d’emploi du temps pour les doctorants.

En revanche, l’APL condamne le dispositif prévu en amont des concours. Elle est résolument hostile à la mise en place de stages en pratique accompagnée ou en responsabilité, qui compromettraient la formation disciplinaire des étudiants, et ne saurait accepter que de brefs stages d’observation. Plus largement, elle refuse la mise en place de masters « professionnels » ou « d’enseignement », dont elle estime qu’ils menaceraient à terme le recrutement par concours ; elle exige donc qu’aucun master ne soit spécifiquement destiné aux carrières de l’enseignement. En outre, si certains masters sont plus généralistes que les masters « recherche » actuels, dont la pérennité doit être financièrement garantie, s’ils peuvent même comprendre un enseignement de didactique disciplinaire, tous doivent comporter, au moins au niveau de l’ancienne maîtrise, une part de recherche disciplinaire et tous doivent pouvoir s’articuler avec le doctorat.

Enfin, l’APL demande la restauration d’un système de prérecrutement, tout en refusant bien sûr qu’il soit adossé à de pernicieuses licences « préprofessionalisantes ».

Paris, le dimanche 22 mars 2009